
« Premier goudron à droite… et maintenant tout droit jusqu'au rond point de l'hippopotame…première sortie… et au deuxième carré à gauche, juste après la pharmacie. Voilà nous y sommes ! » - Quelques heures à Bamako nous ont suffi pour comprendre que les noms des rues et des places, dûment fournis par notre guide touristique, ne nous seraient d'aucune utilité auprès des chauffeurs de taxi, ni même des habitants. Pour sillonner la ville, nous avons donc adopté la méthode et le jargon locaux, plus folkloriques certes, mais autrement plus efficaces !
Si nous avions réussi à semer le doute au sein des souks marocains, les vendeurs nous y prenant respectivement pour une Espagnole et un Allemand, les enfants sénégalais, eux, ne se laisseront pas déstabiliser par notre apparence : dès notre arrivée à Dakar, nous nous voyons tout simplement affublés du joli petit surnom de 'Toubab' ('blanc'), qui nous suivra tout au long de notre séjour!
Avec ses boulevards bordés de verdure et ses cafés aux allures parisiennes (mais aux serveurs bien plus serviables), Casablanca nous apparaît à notre arrivée au Maroc comme un havre de paix et un concentré de modernité. Dommage que nos bagages aient décidé de faire escale un peu plus longtemps que nous à Dubaï : vêtus de nos habits indiens malmenés par le voyage, nous regrettons presque le chaos de Delhi, où nous arrivions à nous fondre plus facilement dans la masse.
6 juin, aéroport international Indira Gandhi – À peine de retour du Népal, nous voilà frappés d'un sentiment étrange. La capitale indienne nous est désormais familière, mais le trajet en taxi depuis l'aéroport semble nous faire remonter le temps, jusqu'au jour de notre arrivée sur le sous-continent indien. Pourtant, aujourd'hui, il ne nous reste plus que quelques jours avant de quitter ce continent pour un autre, l'Afrique. Le temps nous est compté : il ne nous reste plus qu'à saisir au vol quelques bribes de la magie indienne avant qu'il ne soit trop tard.
Enfin installés dans les fauteuils étonnement étroits d'un boeing de Jet Airways, nous voilà en train de jeter quelques regards curieux autour de nous, afin de cerner nos compagnons de voyage. Dès le premier coup d'oeil, une évidence s'impose : nos aventures népalaises commencent ici, sur ce vol qui nous conduit de Delhi à Kathmandou. Jamais nous n'avions encore été encerclés d'une foule aussi hétérogène et exotique : au milieu de familles indiennes et népalaises aux saris multicolores, nous discernons un jeune moine bouddhiste aux baskets dernier cri, un sadhu pieds nus drapé de blanc, un musicien chinois muni de sa guitare électrique, ainsi qu'une Américaine aux jolies boucles blondes venue d'on ne sait où...

Delhi, minuit : notre taxi, venu nous chercher à l'aéroport, nous dépose dans une petite ruelle déserte et silencieuse de Pahar Ganj, le quartier des routards. Alors qu'il fait encore 38 degrés à l'extérieur, nous passons notre première nuit en Inde dans une chambre sans fenêtre. Heureusement que la fatigue du voyage est là pour nous aider à trouver le sommeil !
Lors de notre premier passage à Beijing, avant de nous diriger vers Shanghai, nous n’avions guère eu le temps de visiter la ville. Nous revoilà donc début mars sur le quai de la gare centrale, avec la ferme intention de découvrir tout ce que recèle cette ancienne capitale impériale, qui a vu se succéder dynasties prestigieuses et leaders communistes, de nous laisser subjuguer par le spectacle de la Grande Muraille, ce gigantesque serpent de pierre meurtrier –des milliers d’ouvriers reposent dans ses entrailles- qui se perd dans la brume des collines environnantes…
‘Hello, hello…’ : la plupart des passants se retournent sur notre passage, nous pointant du doigt et tentant d’articuler quelques mots d’anglais. Nous nous attendions bien évidemment à attiser la curiosité des Chinois dans la rue, mais dans le cas présent la situation nous paraît cocasse : nous nous trouvons à deux pas du Shanghai Center, un complexe d’hôtels et de commerces qui constitue le plus gros refuge d’expatriés de la capitale économique du pays ! Il se peut que nos habits de voyageurs soient plus exotiques aux yeux des habitants que les costumes des businessmen étrangers qui nous bousculent sur le trottoir…
Un désert blanc défile devant mes yeux. Un vide glacial encombré de quelques arbres dénudés. Et puis, le temps d’un battement de cils, un village surgit et s’évanouit aussitôt, emporté par la vitesse de la locomotive. Mais comment font ses habitants pour survivre isolés au plus profond de la Sibérie ? Le regard fixe, je me perds dans des rêveries : le chemin de fer m’apparaît tantôt comme un immense cordon ombilical reliant ce village à la Mère Russie, tantôt comme un des tentacules par lesquels Moscou, telle une pieuvre, étend son pouvoir dans chaque recoin du pays. Autour de moi, les passagers se meuvent au ralenti. Certains, face aux fenêtres du couloir, se laissent bercer par les roulements du wagon sur les rails gelés. D’autres émergent de leur compartiment une tasse à la main, afin d’aller puiser de l’eau chaude au samovar pour leur thé. Aux premiers sursauts du train hors de la gare, tous se sont changés, abandonnant fourrures et blousons: les adultes comme les enfants sont maintenant vêtus de joggings et de vieux t-shirts. Impossible de discerner le docteur de l’ouvrier ; nous vivons tous désormais sous un même toit, dans une même bulle, au rythme du chemin de fer.
Notre premier trajet en train en Russie avait quelque peu déçu nos expectatives : nous avions en effet voyagé sur un train de jour moderne, spacieux, muni d’écrans plats, et, à notre goût, un peu trop semblable à un TGV ! Nous attendions donc avec impatience d’entamer le parcours en transsibérien qui nous amènerait jusqu’à Beijing, pour y faire nos prochaines interviews. Un voyage de sept jours que nous avions décidé de morceler en nous arrêtant à deux reprises, afin de pouvoir prendre une vraie douche de temps à autre, et de visiter les villes d’Ekaterinbourg et d’Irkoutsk.
Que de choses n’avons-nous pas entendues sur la Russie pendant notre premier mois de voyage en Europe ! Commentaires extatiques sur les voyages en train, lamentations concernant la politique de prix –même la cuillerée de sucre dans le café est payante-, histoires d’amitiés fraternelles en Sibérie, souvenirs d’ivresses mémorables à base de vodka, mises en garde contre la corruption des policiers… de quoi nous laisser assez perplexes sur ce que nous allions trouver sur place. Tous nos interlocuteurs s’accordaient cependant à affirmer que Saint-Pétersbourg est sans aucun doute la plus européenne des villes russes. Nous voilà donc dans la cité d’adoption de Pushkin, le 28 décembre, convaincus qu’il s’agit là d’un excellent « sas de décompression » avant d’affronter la complexité de la culture et des coutumes slaves. Mais la vie est pleine de surprises…
Enchantés par les charmes extravagants de la capitale lettone, nous partons de Riga avec un pincement au coeur... sans nous douter que de ce qui nous attend en Estonie. Tallinn, où nous séjournerons pendant huit jours, se révèle dès notre arrivée être une capitale encore plus étonnante que celle que nous venons de quitter. A commencer par les remparts de la vieille ville à l’allure « disneyenne » que nous franchissons pour accéder à notre auberge, presque convaincus qu’il s’agit là d’attractions construites pour les touristes.
Riga, 7h du matin : malgré une énième nuit blanche dans le bus, nous réussissons à traîner nos sacs jusqu’à notre auberge de jeunesse. Le réceptionniste, américain, nous accueille plus que chaleureusement et nous demande tout suite si nous souhaitons boire une bière ou nous inscrire à une séance de bobsleigh organisée par l’établissement. Et voilà, nous sommes arrivés en Lettonie.
Après une première semaine à Berlin, notre arrivée en Pologne se révèle un peu plus rude que prévue : nous nous étions trop vite habitués au confort de la capitale allemande, notamment d’un point de vue linguistique ! Une fois arrivés à la gare routière, il nous faut donc une bonne demi-heure pour comprendre comment rejoindre le centre ville et acheter les tickets de bus dont nous avons besoin.
Une semaine s'est écoulée depuis notre grand départ, sans même que nous nous en apercevions. Il est donc grand temps de vous tenir un peu au courant de nos aventures allemandes, d'autant que ce soir nous nous "envolerons" (par un bus de nuit) vers la Pologne.