Delhi, minuit : notre taxi, venu nous chercher à l'aéroport, nous dépose dans une petite ruelle déserte et silencieuse de Pahar Ganj, le quartier des routards. Alors qu'il fait encore 38 degrés à l'extérieur, nous passons notre première nuit en Inde dans une chambre sans fenêtre. Heureusement que la fatigue du voyage est là pour nous aider à trouver le sommeil !


Ce n'est que le lendemain que nous faisons réellement connaissance avec la ville, qui à la lumière du jour dévoile un tout autre visage. Au milieu de centaines de boutiques de vêtements aux vendeurs très — pour ne pas dire trop — amicaux, rickshaws, vélos, motos, charrettes et vaches sacrées s'entremêlent dans des embouteillages pittoresques, chacun prenant bien soin de s'engouffrer systématiquement dans les quelques centimètres carrés qui se libèrent de temps à autre entre deux véhicules. L'expérience nous apprend bien vite à garder nos sens en alerte à chaque seconde, le danger n'étant pas toujours où on l'attend (ndlr : et oui, un des membres de notre équipe de choc, dont nous avons tenu à préserver l'anonymat, s'est ainsi fait(e) renverser par une vache).



Les jours suivants sont placés sous le signe de la découverte : la découverte de la délicieuse cuisine indienne, tout d'abord, ainsi que de ses effets secondaires, qui nous donneront une excellente excuse pour nous reposer un peu à l'hôtel entre deux visites ou deux interviews. Nous expérimentons également les joies des trajets en rickshaws dont certains nous font revivre comme par magie les émotions fortes que nous éprouvions étant enfants sur les circuits d'auto-tamponneuses... Une fois accoutumés à la chaleur ambiante, nous osons enfin nous éloigner des ventilateurs de l'hôtel et de l'air conditionné des cafés pour jouir des petites merveilles de la ville. De la grande mosquée, Jama Masjid, au tombeau d'Humayun, nous voilà en train de remonter les siècles, enveloppés d'une atmosphère mystique et paisible à la fois : le temps semble s'écouler plus lentement que dans les grandes avenues de New Delhi, et les Indiens s'inquiètent moins de notre présence.

Malgré tout, le moment culminant de notre semaine à Delhi se déroule loin des monuments de la ville, dans un carré de pelouse jouxtant un carrefour routier : c'est en effet là qu'il nous est donné d'assister à un cours donné par l'ONG Steps for Change à une vingtaine d'enfants des rues, qui passent habituellement leur journée à vendre des babioles au milieux des voitures. Littéralement (et physiquement, comme en témoigne la photo) submergés par leur enthousiasme, nous y avons eu une preuve de la magie de l'enfance, qui permet à ces petits Indiens de garder un sourire et un regard malicieux malgré les épreuves qu'ils traversent, et de saisir au vol ce que leur offre la vie.





Après cette expérience émouvante, fatigués par la vie chaotique de Delhi, nous décidons finalement de nous éloigner de la capitale quelques jours avant de prendre l'avion pour le Népal. Le temps d'une très courte escapade au Rajastan, nous faisons ainsi la connaissance de Jaipur, Ajmer et Pushkar. Vendeurs d'eau, palais de maharajahs, temples habités de singes, charrettes à chameaux... à l'approche du désert, l'exotisme se fait plus présent et les saris se teintent de couleurs plus vives. De quoi nous ressourcer avant de retourner à l'aéroport !