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6 juin, aéroport international Indira Gandhi — à peine de retour du Népal, nous voilà frappés d'un sentiment étrange. La capitale indienne nous est désormais familière, mais le trajet en taxi depuis l'aéroport semble nous faire remonter le temps, jusqu'au jour de notre arrivée sur le sous-continent indien. Pourtant, aujourd'hui, il ne nous reste plus que quelques jours avant de quitter ce continent pour un autre, l'Afrique. Le temps nous est compté : il ne nous reste plus qu'à saisir au vol quelques bribes de la magie indienne avant qu'il ne soit trop tard.
Notre première destination nous apparaît comme une évidence : impossible de quitter le pays sans avoir goûté à l'atmosphère mystique de Varanasi, la ville sainte de l'Hindouisme. Un saut à la New Delhi Railway Station et nous voilà en route. A notre grand étonnement, notre arrivée sur les lieux s'avère bien plus prosaïque que prévu. En sortant de la gare, il nous faut braver rickshaws malhonnêtes et vendeurs envahissants avant de nous frayer un chemin entre vaches sacrées, chèvres, chiens et singes pour atteindre (enfin !) notre hôtel. Ce n'est qu'une fois sur la terrasse de notre guest house qu'il nous est donné de contempler le spectacle qui s'offre à nous au bord du Gange. Au pied d'anciens palais de maharajahs aujourd'hui en ruine, les habitants et pèlerins de la ville procèdent à leurs ablutions purificatrices dans les eaux du fleuve, éclaboussés de temps à autre par les plongeons d'enfants excités. Maître des lieux, le Gange s'écoule tranquillement le long des ghâts, chargé de bateaux de touristes ; tout comme le Styx, il semble incarner la frontière entre deux mondes, entre la vie et la mort : les palais et la foule qui le bordent à l'ouest font face à une rive désertique au sable doré, et les bouées colorées des enfants jouant dans l'eau flottent à quelques mètres des bûchers des crémations.
A la lumière du jour, les rituels quotidiens qui animent les abords du fleuve peuvent paraître quelque peu troublants. Difficile de croire que les eaux polluées du Gange, où les habitants de Varanasi viennent frotter énergiquement leur linge aux côtés des pèlerins en train de se baigner, puissent réellement laver les pêchées des vies antérieurs (et les tâches des vêtements...). Difficile également de percevoir l'atmosphère sacrée du lieu alors qu'on est assailli de vendeurs de cartes postales et de colliers, et noyé par les propositions de balades en bateau. Cependant, tout s'éclaire au couché du soleil : les ghâts commencent insensiblement à se couvrir d'une foule hétérogène mais compacte, où les adorateurs de Shiva se mêlent aux touristes. Les gens s'assoient, discutent, contemplent le fleuve. Puis des guirlandes s'allument, et une voix retentit dans les hauts parleurs avant de laisser place à des cithares et des chants sacrés. Alors que l'obscurité commence à envelopper le public, cinq prêtres émergent enfin de la foule pour aller offrir la lumière du feu à celui qui donne la vie et met un terme au cycle infernal des réincarnations : le Gange. Et c'est en regardant la fumée et les pétales de fleurs s'envoler doucement dans la brise au cours de cette cérémonie de Puja, en suivant les gestes immuables des prêtres scandés par le son des cloches du public, que l'on saisit enfin l'essence de Varanasi.
Marqués par le charme hypnotisant des eaux de Varanasi, nous décidons de clore notre aventure indienne en allant visiter Udaipur, la 'ville blanche' du Rajasthan baignée par les eaux du Lac Pichola.... Mais non sans s'être au préalable arrêtés à Agra, célébrissime demeure du Taj Mahal. Comme des milliers d'autres touristes, nous y découvrons la majesté époustouflante du mausolée bâti en mémoire de la muse de l'empereur Shah Jahan. Encerclé d'une ville rongée par le tourisme, le monument se dévoile à nos yeux tel un mirage, avec ses façades immaculées qui se teintent délicatement de rose en fin de journée, ses paisibles jardins et ses étendues d'eau miroitantes. Un rêve éveillé d'où nous sommes tirés par plusieurs touristes indiens, souhaitant absolument être pris en photo avec nos illustres (et exotiques) personnes... Cependant, c'est la ville d'Udaipur qui nous fera cadeau de nos plus beaux souvenirs d'Inde. La douceur de son climat, la gentillesse de ses habitants, et ses ruelles désertées par le trafic, qui serpentent dans un enchevêtrement de maisonnettes blanches, font du lieu une véritable oasis de tranquillité. Tels James Bond dans Octopussy, nous avons ainsi dit adieu à l'Inde en admirant un coucher de soleil sur le lac Pichola, aux côtés de majestueux éléphants de marbre saluant l'horizon de leurs trompes !
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G., 18/07/2007 17h37. |
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Bravo à vous, on est très fiers de ce que vous faîtes ... un beau blog ! du rêve en puissance
Bisous à Pamita