Enchantés par les charmes extravagants de la capitale lettone, nous partons de Riga avec un pincement au coeur... sans nous douter que de ce qui nous attend en Estonie. Tallinn, où nous séjournerons pendant huit jours, se révèle dès notre arrivée être une capitale encore plus étonnante que celle que nous venons de quitter. A commencer par les remparts de la vieille ville à l’allure « disneyenne » que nous franchissons pour accéder à notre auberge, presque convaincus qu’il s’agit là d’attractions construites pour les touristes.




En réalité, il s’agit bien de vestiges du riche passé moyenâgeux de la ville, extrêmement bien conservés. Appartenant à la Hanse, Tallinn fut en effet un port très prospère au Moyen Age, grâce au commerce du sel. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, les bombardements soviétiques de la Seconde Guerre Mondiale ont presque totalement épargné la vielle ville, véritable bijou classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997. Aujourd’hui, assaillie par les touristes suédois et entièrement connectée au wifi, Tallinn présente ainsi une succession improbable d’enseignes de toutes sortes : moyenâgeuses, lumineuses, traditionnelles, touristiques... Même l’inévitable marché de Noël que nous trouvons sur place réussit à nous surprendre : les chapeaux y sont encore plus fous qu’à Riga, et, à deux pas des vendeurs en costumes d’époque, il est possible d’assister à des chorégraphies de jeunes filles habillées en Père Noël, qui se déhanchent sur les notes de Locomotion (chanté en estonien bien sûr). Quant à notre auberge, elle s’avère pourvue d’un écran géant pour les jeux vidéo et d’un sauna !



Notre séjour coïncidant avec les fêtes de fin d’année, nous avons la chance d’être conviés à plusieurs réjouissances par les jeunes membres d’ONG que nous rencontrons sur place et ce dès le premier soir. Le 24 décembre, nous allons même jusqu’à assister à une messe pentecostale, traduite en simultanée par une de nos amies estoniennes ! Cependant, c’est à notre auberge de jeunesse que nous avons finalement passé le jour de Noël : entourés d’Irlandais, d’Australiens et d’Américains nostalgiques, nous y avons préparé puis dégusté deux dindes, un énorme jambon et au moins 10 kg de pommes de terre, selon la plus pure tradition anglo-saxonne. De quoi retrouver un semblant d’atmosphère familiale et d’esprit de Noël, et ce malgré l’inexplicable absence de neige dans les rues...