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Notre premier trajet en train en Russie avait quelque peu déçu nos expectatives : nous avions en effet voyagé sur un train de jour moderne, spacieux, muni d’écrans plats, et, à notre goût, un peu trop semblable à un TGV ! Nous attendions donc avec impatience d’entamer le parcours en transsibérien qui nous amènerait jusqu’à Beijing, pour y faire nos prochaines interviews. Un voyage de sept jours que nous avions décidé de morceler en nous arrêtant à deux reprises, afin de pouvoir prendre une vraie douche de temps à autre, et de visiter les villes d’Ekaterinbourg et d’Irkoutsk.
Nous voilà donc le 12 janvier sur le quai de la gare de Moscou, prêts à parcourir une des réalisations les plus ambitieuses de la révolution industrielle, construite pour étendre l’emprise de la capitale russe à l’Eurasie intérieure, riche de ressources naturelles. Cette fois, nos attentes ne seront pas déçues. D’un train à l’autre, nous avons l’occasion de partager notre compartiment avec de véritables personnages. Nous passons ainsi une première nuit sans dormir, en compagnie d’un Russe ivre de vodka et pris de nausées. A notre grand soulagement, celui-ci est bien vite remplacé par deux grands-mères adorables et décidées à nous faire goûter toutes les victuailles qu’elles ont amenées, et ce par tous les moyens. Et dans le train suivant nous sympathiserons avec un couple d’âge mûr qui tentera de nous faire une visite guidée des paysages de Sibérie...
Tout long du trajet, les voyageurs se montrent particulièrement désireux de communiquer avec nous, malgré la barrière de la langue : nous nous retrouvons ainsi plus d’une fois en train de gesticuler et de feuilleter notre petit dictionnaire simultanément, dans l’espoir de comprendre et de répondre aux nombreuses questions qui nous sont posées sur nos projets, notre famille, ou nos origines. Deux jeunes occidentaux voyageant en Sibérie en hiver représentent sans aucun doute un spectacle assez inhabituel, et nos tenues nous trahissent très vite aux yeux des autres passagers. Contrairement à eux, en effet, nous ne sommes pas munis de ce que les Russes appellent les « vêtements de train », à savoir un assortiment étudié de jogging à rayures, de chaussettes multicolores, et de sandales. Même les contrôleurs, une fois le train hors de la gare, troquent leurs élégants uniformes pour de vieux T-shirts confortables, avant de commencer à passer tranquillement l’aspirateur entre les compartiments !
Au fur et à mesure, grâce à ces rencontres, nous prenons conscience de l’atmosphère toute particulière qui habite les wagons du transsibérien. La plupart des passagers, bercés par le roulis du train, passent leur temps à dormir ou à fixer le paysage enneigé qui défile, vaste et désertique. La principale occupation de chacun semble être d’aller chercher de l’eau chaude au samovar placé près de la cabine du contrôleur, pour préparer un thé ou une soupe lyophilisée. Et la notion même de temps perd sa signification : alors que le train traverse cinq ou six fuseaux horaires, les horloges de tous les wagons indiquent l’heure de Moscou, tant et si bien qu’il est possible d’admirer un coucher de soleil à midi ! Les wagons surchauffés –la température peut atteindre 26 ou 27 degrés à l’intérieur- se transforment ainsi peu à peu en cocons atemporels, dont la quiétude n’est troublée que par les arrêts du train et l’arrivée de nouveaux voyageurs, ou par les passages furtifs de vendeurs ambulants.
Quant à nos deux haltes, elles nous laisseront un souvenir tout aussi inoubliable. Ekaterinbourg, tout d’abord, restera gravée dans notre mémoire comme la patinoire la plus grande que nous ayons jamais vu. En effet, alors que nous nous attendions à trouver un patrimoine historique notoire dans le lieu qui a servi de décor à la fin tragique des Romanov, nous avons découvert à notre arrivée que la principale attraction de la localité est constituée de statues et de pistes de glace. Celles-ci, installées en plein centre ville, font la joie des petits comme des grands, et des sportifs comme des jeunes filles à talons. Les trottoirs prennent ensuite le relais, dans la mesure où la municipalité ne se préoccupe guère de l’épaisse couche de verglas qui s’y accumule...
Ravis d’avoir encore tous nos os intacts à notre départ d’Ekaterinbourg, nous nous laisserons ensuite charmer par les paysages d’Irkoutsk et du lac Baïkal lors de notre deuxième halte. Là encore, la glisse semble faire partie intégrante de la vie des habitants : nous y découvrons des pistes de bobsleigh rudimentaires dans les musées en plein air, des landaus munis de patin et non de roues, ainsi que des routes construites sur l’épaisse couche de glace qui recouvre le lac en hiver ! Mais la glace et la neige –absente à l’ouest du fait des températures anormalement élevées de cet hiver-, ne font qu’ajouter à la magie du lieu. Les beautés naturelles que nous y trouvons ont tôt fait de nous faire oublier le dense trafic de Moscou, et nous nous laisserons même tenter par une courte balade avec des chiens de traîneau par une température de -15 degrés, afin de clôturer notre séjour en Russie par un moment d’exception.
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J., 09/02/2007 16h20. |
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Bon, sinon ça va? popo, 11/02/2007 17h02. |
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C'est une question ça, pas un commentaire. J., 12/02/2007 16h57. |
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Je regrette, mais je trouve ça très érotique...