Confidences à Lenine.

Après une première semaine à Berlin, notre arrivée en Pologne se révèle un peu plus rude que prévue : nous nous étions trop vite habitués au confort de la capitale allemande, notamment d’un point de vue linguistique ! Une fois arrivés à la gare routière, il nous faut donc une bonne demi-heure pour comprendre comment rejoindre le centre ville et acheter les tickets de bus dont nous avons besoin.


Fort heureusement, nous avons encore une fois la chance d’être accueillis dès le premier jour par un de nos contacts, Pawel Makowiecki. Passionné et très bavard, celui-ci nous présente tout de suite la ville sous un jour assez inattendu : à en croire ses dires, les passe-temps favoris des habitants de Varsovie sont le jazz et le tango, et les immigrants vietnamiens sont si nombreux qu’on peut désormais considérer la cuisine vietnamienne comme une spécialité locale... C’est donc tout naturellement dans un petit restaurant vietnamien qu’il nous invite à déjeuner, avant de nous emmener dans un bar étudiant méconnu des touristes pour boire de la bière locale non pasteurisée (un peu plus typique à notre goût). Plus tard, en l’absence de Pawel, nous irons manger dans les « bars à laits », ces petits boui-bouis qui accueillent indifféremment hommes d’affaires et ouvriers, et qui servent de très bons plats traditionnels préparés en... 15 secondes top chrono.

Exposition en mémoire du mouvement de solidarité.

Les trois autres jours que nous passons à Varsovie nous permettent de nous forger notre propre opinion de la ville, que nous ne verrons que sous une épaisse cape de nuage (tant pis pour les photos). Nous sommes notamment marqués par le poids de l’histoire qui se fait sentir à chaque coin de rue dans cette ville qui, après avoir été détruite pendant la Seconde Guerre Mondiale, est immédiatement tombée sous le joug communiste pendant plus de quarante ans. Il y a bien sûr le Palais de la Culture et de la Science, érigé dans les années 50 à la gloire du socialisme, et censé concurrencer l’Empire State Building, qui domine tout le centre-ville. Cependant, le passé stalinien se manifeste également sous des formes plus inattendues : expositions à l’air libre en mémoire des membres du mouvement Solidarité qui ont péri dans les années 80, graffitis facétieux...


Monument de l'insurrection de Varsovie.

Le musée de l’Insurrection de Varsovie se révèle également très impressionnant : trois vastes étages sont dédiés à cet événement tragique qui a largement contribué à forger l’identité des habitants de la ville. Malgré les bruitages d’explosions qui accompagnent les visiteurs, il est extrêmement touchant de contempler tous ces documents et ces photos d’époques, qui pour la plupart ont été rassemblés par les citoyens eux-mêmes. Aussi étrange que cela puisse paraître, même la vieille ville de Varsovie est un témoignage de ces temps si difficiles. Détruite pendant la guerre, elle a été entièrement reconstruite pendant les années 50, d’après les tableaux de Canaletto !

Confidences à Lenine. La vieille ville.

La vieille ville.


Notre dernier jour en Pologne se déroule loin de Varsovie, dans une ville du nord-est du pays appelée Bialystok. Nous étions en effet supposés prendre un bus de Varsovie à Riga, qui marque un arrêt à Bialystok, où habite et travaille Pawel. Désireux de nous montrer en personne un des centres d’éducation aux NTIC qu’il a fondé et confiant dans la mentalité flexible des gens de l’est, Pawel nous avait assuré qu’il nous serait tout à fait possible de prendre notre bus en route, même sans avoir les billets adaptés (en réalité il lui faudra négocier en russe avec des chauffeurs lettons via un téléphone portable et ce quelques minutes avant le passage du bus pour nous permettre d’y monter). Nous passons donc quelques heures dans la ville en compagnie de notre guide préféré : celui-ci arrive encore à nous surprendre en nous expliquant que dans cette zone de la Pologne, seuls 50% des habitants sont catholiques, leurs voisins étant souvent musulmans, juifs ou orthodoxes. Cette situation semble donc être à l’origine d’une profusion peu commune de lieux de culte dans la zone, chaque communauté souhaitant affirmer son importance !

Blessures, charmes... à quelques lignes de la fin, vous vous demandez peut-être en quoi consistent les mystères annoncés dans le titre ? La réponse en images, avec les bambis roses lunaires qui illuminent un des parcs de Varsovie une fois la nuit tombée.



Statues lumineuses sur les rives de la Vistule.