
Dans le cadre de son plan stratégique pour le Mali, USAID a défini l’accès aux NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) comme un objectif prioritaire : la diffusion des télécommunications et d’Internet en particulier est un moyen d’accélérer sensiblement le développement du pays. D’un point de vue économique, Internet pourrait favoriser la transparence dans les échanges commerciaux, et réduire les coûts de communication de chacun. L’outil informatique pourrait également pallier le manque de bibliothèques, simplifier la bureaucratie, et ouvrir le pays au reste du monde.

Kader Keita fait partie de ces personnes qui ont fait de leur vie un défi. Porteur d’un lourd handicap physique qui l’empêche de marcher, il se passionne pour le dessin dès son plus jeune âge, avant d’abandonner le lycée à l’adolescence pour intégrer l’Institut National des Arts de Bamako. Alors qu’il se consacre à la peinture, Kader se découvre pourtant une deuxième vocation pendant ses études : contraint de faire de longs trajets en tricycle pour se rendre en cours, il assiste chaque jour avec émotion au quotidien d’une multitude d’enfants des rues.
Qu'y a-t-il de plus important pour le développement d'un pays que l'éducation de ses enfants ? Les médias peuvent-ils constituer un vecteur d’instruction plus efficace que l’école ? Voilà les questions qui ont conduit Marie Ka, une jeune cinéaste sénégalaise, à travailler sur des méthodes alternatives en matière d’éducation, et accessibles à tous. Pour mener à bien cette mission, elle a fondé sa propre organisation en 2005 ; cependant, elle s’est distinguée en optant pour l’entrepreuneuriat social plutôt que pour le secteur associatif, qu’elle a jugé trop limité. C’est donc avec sa société de production Picture Box qu’elle prépare actuellement le lancement d'un DVD éducatif destiné aux enfants de six à douze ans. Un projet qui nous a semblé passionnant, d’autant qu’il est le fruit d’un parcours pour le moins original.
Ils sont une quarantaine de jeunes, debout, rassemblés en cercle au milieu de la pièce, ils chantent, dansent pour certains, et terminent ainsi leur réunion matinale dans la bonne humeur, chargés d’énergie et de motivation. Qui sont-ils ? Ce sont les jeunes commerciaux de NDAAM Distribution, une agence de distribution et de marketing à l’esprit social et solidaire, créée il y a trois ans par Chérif Basse. Celui-ci, âgé de 27 ans, nous a ouvert les portes et expliqué le fonctionnement de cette organisation innovante, qui oeuvre avant tout pour la promotion des jeunes.

L'UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) est un organisme international qui s'appuie sur les données démographiques de chaque pays pour défendre les droits des jeunes et des femmes, notamment en matière de santé et de reproduction. En 2003, l'UNFPA s'est associé à plusieurs ministères marocains au sein du programme "Youth for youth" (la jeunesse pour la jeunesse), dans le but de créer un espace participatif propice à l'épanouissement des jeunes au Maroc. C'est dans ce cadre que nous avons souhaité rencontrer Imane, Hind, et Tima : toutes trois travaillent pour le Conseil Consultatif de la Jeunesse, une organisation de jeunes placée sous l'égide de la filiale marocaine de l'UNFPA. Leur engagement, cependant, va bien au-delà : nos interviews nous ont dévoilé les parcours croisés de trois jeunes activistes de 23 à 25 ans, qui se sont confrontées à de multiples enjeux du développement au Maroc.
Casablanca, prestigieuse vitrine économique du Maroc, est malheureusement aussi connue pour ses nombreux bidonvilles, qui abritent aujourd'hui plus de 80 000 ménages. Parmi ceux-ci, le bidonville de Zaraba souffre d'une situation particulièrement délicate. Le quartier, en effet, est enclavé au centre d'un triangle de voies de chemin de fer que les habitants doivent traverser pour sortir du bidonville : aucun pont n'a été construit au-dessus des voies, et le seul tunnel existant est devenu le repère de quelques délinquants qui effrayent femmes, enfants et personnes âgés. Aux dures conditions de vie inhérentes au quartier s'ajoutent ainsi l'isolement et les accidents récurrents sur les rails, auxquels succombent trois personnes par an.
L'histoire de Youth Action Nepal débute en 2003, le jour où cinq étudiants de Katmandou, sensibles à la situation politique, économique et sociale vulnérable du Népal, décident de créer leur propre organisation de jeunesse. Leur but est non seulement de partager leurs connaissances, mais aussi de combler un vide dans les stratégies de développement des communautés : parmi les nombreuses ONG et associations locales népalaises, aucune ne semble s’intéresser spécifiquement à la participation active des jeunes comme levier de développement. Certes, le pays bénéficie d’une longue tradition d’engagement des jeunes dans la vie locale, par exemple à l’occasion de constructions de routes ou d’opérations d'entretien des écoles dans les villages ; mais en 2003, aucune ONG n’est encore présente sur le terrain pour coordonner ou fédérer ces initiatives, et en assurer la réussite.
Les experts s'accordent aujourd'hui à dire que le Népal est dans une impasse politico-économique. La lutte armée des maoïstes, qui dure depuis plus de 10 ans, et l'instabilité générale du régime en place, offrent bien peu d'opportunités de développement à ce pays majoritairement rural, dont les villages restent enclavés du fait d'un manque de moyens de communication et de transport. Cette opinion semble d'ailleurs être partagée par une grande partie de la population, à commencer par les nouvelles générations : Katmandou, centre névralgique et unique métropole du pays, draine ainsi les jeunes de tout le territoire… lorsqu'ils ne préfèrent pas partir à l'étranger.
The Youth Parliament a d'abord été un rêve, celui d'Ishita Chaudhary. En 2002, âgée de 18 ans, elle assiste avec horreur aux violentes émeutes de Godhra, opposant hindous et musulmans, ainsi qu'à l'immobilisme et à l'intolérance cultivés par les 'adultes' : à peine sortie de l'adolescence, elle prend conscience du manque de débat et de réflexion qui ronge la société indienne de l'intérieur. Quelques mois plus tard, elle est invitée à prendre la parole au nom de sa génération au sommet social annuel de la Confédération Industrielle Indienne. Consciente de la responsabilité qui lui incombe, elle y énonce un véritable 'j'accuse', déplorant le manque de libertés et d'opportunités dont souffrent les jeunes, le peu de place accordée à leur réflexion au sein même du système éducatif, le caractère inéluctable de leurs choix de vie du fait du manque d'information...
Agrippés à nos vêtements, perchés sur notre dos, ou le nez collé à l'objectif de notre appareil... ils ne sont qu'une vingtaine mais notre simple présence suffit à décupler l'énergie et l'excitation des enfants que nous sommes venus rencontrer le temps d'une après-midi, au sud de New Delhi. Des enfants des rues qui passent habituellement leurs journées entre les voitures, en train de vendre des babioles aux automobilistes ou de faire la manche. Nous étions loin de nous douter que notre interview des membres de l'ONG Steps for Change nous conduirait tout droit dans un petit parc jouxtant le carrefour routier où 'travaillent' ces petits Indiens!

L’histoire de Hang Can, aujourd’hui âgée de 24 ans, débute comme celle de millions de jeunes filles chinoises. Née dans le Sichuan, elle y est élevée de façon assez conservatrice, avant de quitter sa ville natale en 2003, afin d’aller étudier le Management des Systèmes d’Information à Beijing. Mais ce déracinement marque un véritable tournant dans la vie de Hang : initialement timide et introvertie, parlant à peine l’anglais, elle décide de s’ouvrir au monde et aux autres.
Depuis une vingtaine d’année, la Chine fascine et inquiète par le rythme extrêmement soutenu de sa croissance économique. Toutefois, le pays n’en connaît pas moins des problèmes de développement. Le plus connu est bien évidemment l’accroissement des inégalités entre les provinces de l’ouest du pays, très pauvres, et les provinces côtières. Un autre, moins médiatisé, concerne les étudiants de l’est du pays, qui une fois diplômés parviennent difficilement à trouver un emploi dans la région.
Parfois le hasard fait bien les choses. Lorsque nous étions en Estonie, nous avons eu vent par contacts interposés d'une organisation russe appelée Association of Young Leaders. Une des personnes que nous avons interviewées à Tallinn nous a mis en contact avec celle-ci et dès notre arrivée à Saint-Pétersbourg, quelques jours plus tard, nous sommes accueillis par Roman, un jeune homme de 22 ans plein de charme, Pétersbourgeois d'adoption mais originaire du nord du pays.
AIESEC, qui fête cette année ses 56 ans d’existence, est la plus grosse association d’étudiants au monde, avec des filiales présentes dans 800 universités et 90 pays. L’organisation se veut avant tout une plateforme internationale pour les jeunes souhaitant développer leur potentiel et avoir un impact positif sur la société. C’est pourquoi, grâce à son réseau d’anciens et à ses contacts dans chaque pays, AIESEC organise des échanges et stages à l’étranger, des séminaires internationaux, et des rencontres avec des professionnels afin de permettre à ses membres et à d’autres étudiants de cultiver leurs compétences. Ces lignes directrices, qui guident les activités de toutes les filiales d’AIESEC dans le monde, n’empêchent pas les bureaux locaux de se donner une orientation particulière… et c’est justement là le cas du bureau de Saint-Pétersbourg, dont nous avons rencontré le président sortant, Alexey Solotov, âgé de 22 ans.
En Allemagne, en Pologne et en Lettonie, les Conseils de la Jeunesse nationaux nous avait largement aidés dans notre recherche de contacts et dans nos démarches d’interviews. Nous n’avions cependant jamais eu l’occasion d’en appréhender le fonctionnement, assez particulier : un Conseil de la Jeunesse, en effet, n’est pas une ONG à proprement parler, mais plutôt une interface entre les ONG de jeunesse du pays et les autorités nationales. C’est pourquoi, lorsque l’occasion s’est présentée, nous avons été ravis de nous entretenir avec Toomas, âgé de 25 ans, qui travaille depuis trois ans au sein de ENL, le Conseil National de la Jeunesse estonien.
Alors que des élections législatives se préparent pour mars 2007, la démocratie parlementaire estonienne est sur le point de fêter son 16e anniversaire. Le président actuel, M. Toomas Ilves, n’est autre qu’un ancien député européen et un ancien ministre des affaires étrangères : formé après l’indépendance, il incarne les aspirations des nouvelles générations n’ayant pas connu le régime communiste, résolument tournées vers un avenir européen.
En Estonie, le développement de la psychologie a longtemps été freiné par les contraintes du régime soviétique. Nombreux sont d’ailleurs les praticiens qui ont fui aux Etats-Unis pour pouvoir exercer en toute impunité. La liberté d’association étant également limitée jusqu’à l’indépendance du pays, EPSA (Estonian Association of Psychology Students / Association Estonienne des Etudiants en Psychologie) n’a donc pu voir le jour qu’en 1992.
AEGEE, l’Association des Etats Généraux des Etudiants de l’Europe, est née en 1985 à… Paris ! Quel est donc l’intérêt d’aller interviewer les membres de sa filiale de Riga ? Un petit peu d’histoire pourra éclairer nos lecteurs sur ce point.
En Lettonie, la légende veut qu’une plante appelée « papardes » soit une source d’énergie sexuelle pour toute personne qui réussirait à en cueillir la fleur, qui éclot en été. Si les docteurs et les enseignants qui ont fondé Papardes Zieds en 1994 ont choisi ce nom (littéralement, fleur de papardes), c’est donc pour enfin démystifier le domaine de la sexualité dans le pays, victime de nombreux tabous pendant le régime stalinien.
Rolands, Ruuta et Parsla : les trois membres de MYSTYLe art âgés de 21 à 24 ans que nous avons rencontrés sont bien à l’image de leur pays. Riga, la capitale lettone qui a servi de décor à nos différentes interviews, nous avait marqués dès le premier jour du fait de l’extravagance de son architecture et de ses coutumes, en transition rapide depuis la fin de l’URSS. Et les trois jeunes lettons que nous retrouvons dans un bar appelé « I love you » sont tout aussi surprenants et énergiques.
Quelques soient les activités auxquelles il s’adonne, Pawel Makowiecki dégage toujours une passion et un enthousiasme hors du commun. Dès notre première rencontre, à notre arrivée en Pologne, ce jeune homme de 25 ans parvient ainsi à nous charmer en nous faisant la visite guidée de Varsovie la plus originale qui soit, mais dans laquelle chacun de ses mots exprime son attachement profond à son pays et à son histoire. Le récit de son engagement social ne nous laissera donc que plus admiratifs.
Alexandra, Anka, Monika et Alina : voilà les quatre jeunes filles douces et souriantes que nous avons rencontrées à Varsovie, toutes membres du PONTON Group of Peer Educators. Mais attention, il ne faut surtout pas se fier pas aux apparences : elles font toutes preuve d’une volonté et d’une force de caractère peu communes au travers de leurs activités. L’ONG PONTON, animée par une vingtaine d’étudiantes âgées de 20 à 30 ans, a en effet pour but de pallier le manque d’éducation sexuelle dont souffre la jeunesse polonaise, dans un pays où les tabous à ce sujet sont encore nombreux.
Orange, vert, jaune… les rayures qui ornent le sac et les collants de Charlot Ebert lors de notre rencontre sont aussi colorées et gaies que sa personne. Plus tard, en allant déjeuner chez elle, nous découvrirons que Charlot a même peint des rayures sur les murs de sa chambre ! La bonne humeur de cette jeune berlinoise de 19 ans n’a d’égal que son dynamisme. En effet, si nous avons été amenés à l’interviewer, c’est parce qu’elle travaille au siège central d’une des plus grosses ONG de jeunesse allemandes, appelée Servicestelle Jugendbeteiligung, ou SJB pour les intimes. A 16 ans, Charlot a décidé de partir en Afrique du Sud pour y passer une année scolaire au sein d’une famille africaine : ce voyage lui ayant ouvert les yeux sur la réalité sociale actuelle, elle a souhaité s’engager dans une ONG à son retour en Allemagne, afin d’être parti prenante du monde qui l’entoure. Aujourd’hui à l’université, elle jongle habilement entre l’étude des civilisations africaines et asiatiques et son travail au sein de SJB, qui occupe tout son temps libre. Mais en quoi cela consiste-t-il réellement ?
Difficile de parler de Marc Ludwig sans se confondre en éloges. A 21 ans, Marc est déjà engagé dans bien plus de projets et d’organisations qu’un activiste de 50 ans : fondateur de l’ONG de défense des Droits de l’Homme Schrei fuer dein Recht (Crie pour tes droits), il est également leader de Netzcheckers (cf un des précédents articles), membre du Conseil Allemand de la jeunesse, ancien membre actif d’Amnesty International…
En Allemand, Juckreiz signifie démangeaison... mais il s'agit aussi du nom d'un journal entièrement créé par un groupe de jeunes Berlinois, qui traite de problématiques environnementales et politiques. Nous avons été reçus par son rédacteur en chef, Lex, qui nous a tout de suite éclairés sur le choix de ce nom : le but de ce journal est tout simplement de provoquer les jeunes gens pour les amener à réagir (à se gratter en somme...)!
Quelques heures à peine après notre arrivée a Berlin, nous avons eu la chance d'être invités à une réunion de l'organisation Netzcheckers. Nous y avons recontré Marc, Fabian, Sascha et Paul, âgés de 14 à 22 ans, et tous aussi motivés les uns que les autres.
Netzcheckers est une organisation au statut un peu compliqué : née il y a 10 ans de la volonté du Ministère fédéral des affaires familiales, le groupe est depuis toujours sous la responsabilité de l'association IJAB (Service international de la République fédérale d’Allemagne pour l’échange et l’accueil de cadres spécialisés de jeunesse).