Difficile de parler de Marc Ludwig sans se confondre en éloges. A 21 ans, Marc est déjà engagé dans bien plus de projets et d’organisations qu’un activiste de 50 ans : fondateur de l’ONG de défense des Droits de l’Homme Schrei fuer dein Recht (Crie pour tes droits), il est également leader de Netzcheckers (cf un des précédents articles), membre du Conseil Allemand de la jeunesse, ancien membre actif d’Amnesty International...
C’est d’ailleurs avec son adhésion à Amnesty que tout a commencé. Il y a cinq ans, dans le cadre d’un projet scolaire, il décide de fonder un « Amnesty Youth Group » (groupe de jeunes rattaché à Amnesty) avec lequel il commence à mener des actions de sensibilisation aux Droits de l’Homme : des campagnes de signatures, des ventes de cartes, des défilés au sein de parades Berlinoises... Aucun coordinateur d’Amnesty n’ayant accepté de suivre ces activités, Marc gravit peu à peu les échelons afin de faire entendre sa voix et celle de ses camarades. Il prend la tête des Amnesty Youth Groups de Berlin, coopère avec les instances nationales de l’ONG... tant et si bien qu’en 2005 il se rend au Sommet International d’Amnesty à Mexico en tant que représentant de l’Allemagne. Conscient de combien il est difficile de mobiliser les jeunes autour des Droits de l’Homme, il y rédige avec d’autres jeunes activistes de 26 pays différents une Déclaration Internationale sur l’engagement de la jeunesse : celle-ci établit en 18 points une stratégie ayant pour but d’intégrer les jeunes générations dans les actions de défense des Droits de l’Homme. Seulement voilà : contrairement aux antennes canadiennes, suisses, ou danoises, l’antenne allemande d’Amnesty n’applique pas ces résolutions une fois le sommet clos.
Il n’en faut pas plus à Marc pour décider de fonder sa propre ONG afin de valoriser et d’encourager les actions de jeunes dans le domaine des Droits de l’Homme : c’est ainsi qu’il y a un an naît Schrei fuer dein Recht, autour d’un premier projet original. Marc décide en effet d’associer son engagement et sa passion pour le cinéma, en produisant avec une équipe de bénévoles un « spot social » sur la défense des Droits de l’Homme. Quelle meilleure façon de toucher les jeunes que d’utiliser un langage et un mode d’expression qui leur appartient ? En partenariat avec cinq ONG (UNICEF, Terre des Hommes, Kindernothilfe, Aktion Weisses Friedensband et Bröt fuer die Welt) il parvient à récolter assez de fonds pour produire ce court-métrage et en tirer 82 copies. Présenté lors d’une conférence de presse (à laquelle nous avons assisté) le 5 décembre dernier, ce court-métrage va être diffusé dans les cinémas des principales villes allemandes, si possible pendant les campagnes de sensibilisation des ONG partenaires.
Les activités de Schrei fuer dein Recht, cependant, ne se limitent pas à la production de courts-métrages. Autour de ce premier projet est en train de se créer un réseau de 30 jeunes Allemands, qui alimentent une plateforme Internet dédiée aux Droits de l’Homme, développée en partenariat avec une école. Chacun d’entre eux est responsable d’un des 30 articles de la Déclaration des Droits de l’Homme : recherches et rédaction d’articles pour le site, prise de contact avec d’autres ONG, organisation d’ateliers... autant d’activités que chacun d’entre eux exerce dans son domaine de prédilection. Il en résulte un site web très spécialisé, qui fournit de la documentation et des explications concernant l’actualité, des bases de données sur les ateliers auxquels il est possible de participer en Allemagne, et même un forum interactif. Le tout, bien sûr, étant écrit et exprimé dans un langage adapté aux jeunes.
Aujourd’hui, Marc considère que le premier but de Schrei fuer dein Recht est d’être un lien entre la jeunesse allemande et les principales ONG de Défense des Droits de l’Homme, trop souvent perçues comme de grosses machines bureaucratiques par les jeunes générations. Il s’agit également pour lui de coordonner les activités de plusieurs associations de jeunes oeuvrant pour les mêmes causes, afin de maximiser l’impact de leurs actions et de les valoriser auprès des « adultes ». Et ce qui est sûr, c’est qu’il ne compte pas s’arrêter là ! Persévérant et idéaliste, Marc semble appliquer à tous ses agissements la maxime de Schrei fuer dein Recht : « si personne ne t’écoute, commence à crier ».