Dans le cadre de son plan stratégique pour le Mali, USAID a défini l’accès aux NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) comme un objectif prioritaire : la diffusion des télécommunications et d’Internet en particulier est un moyen d’accélérer sensiblement le développement du pays. D’un point de vue économique, Internet pourrait favoriser la transparence dans les échanges commerciaux, et réduire les coûts de communication de chacun. L’outil informatique pourrait également pallier le manque de bibliothèques, simplifier la bureaucratie, et ouvrir le pays au reste du monde.

Oumar Diamouténé, aujourd’hui âgé de 25 ans, est loin de se douter de l’ampleur de ces enjeux en 2000, lorsqu’il est sélectionné pour représenter son lycée au Campus numérique francophone de Bamako. Grâce à cette opération de sensibilisation à l’informatique, il commence pourtant à prendre conscience des potentialités d’Internet. Enthousiasmé par ses découvertes, il demande à participer en tant que formateur à la ‘Fête de l’Internet’, un autre événement organisé par le gouvernement en 2004.

Ses talents d’éducateur attirent l’attention des organisateurs de la fête, qui l’encouragent à participer au sommet international sur les télécommunications qui se tient en Egypte la même année : Telecom Africa 2004. Sélectionné sur concours, Oumar se rend au Caire avec une autre étudiante malienne, Aminata Konaté. Ils y élaborent un concept d’organisation panafricaine qui faciliterait l’appropriation des NTIC par la jeunesse. La structure, appelée ‘Youth and ICTs Africa’ (’Les jeunes et les NTIC en Afrique’), se déclinerait aussi localement, avec des représentations dans chaque pays du continent.

L’ ONG ‘Youth and ICTs Africa’ est destinée à rester au stade de projet. Cependant, grâce à la persévérance de Oumar, une version nationale de l’organisation voit le jour en 2004. Pour lancer les activités de Youth and ICTs Mali, l’étudiant s’entoure de six jeunes formateurs de la Fête de l’Internet. Ensemble, ils organisent une ‘journée portes ouvertes’ dans les cafés Internet de Bamako, Ségou, Koulikoro et Sikasso. A cette occasion, ils parviennent à convaincre les patrons de ces établissements de mettre leurs ordinateurs à la disposition des jeunes habitants, et recrute des étudiants bénévoles pour assurer des formations à Internet dans chaque café.

Cette journée d’initiation est un succès : le bureau de Youth and ICTs décide donc de calquer ses autres activités sur cet événement, avec l’aide de représentations régionales et de très nombreux bénévoles. Ainsi, depuis 2005, l’ONG de jeunesse organise chaque trimestre un week-end de formation dans tous les lycées équipés en ordinateurs du Mali. Ces cours, initialement consacrés aux élèves, sont désormais ouverts aux professeurs, soucieux d’en savoir autant que leurs élèves.

La demande de la population est telle qu’Oumar a dû également instaurer ‘Internet vacances’, une session de formation estivale ouverte à tous. A l’occasion de la Fête de l’Indépendance, les habitants de Bamako et des capitales régionales peuvent donc se rendre dans les lycées de leur ville pendant quatre jours, pour y recevoir des cours de bureautique et une initiation à internet.

Plébiscitée par tous les acteurs du pays, Youth and ICTs est aujourd’hui chargée de co-organiser le ‘e-festival’, qui a supplanté la ‘Fête de l’Internet’. Pour cet événement, l’ONG de jeunesse a choisi d’adopter une stratégie originale, et de s’adresser aux participants les plus jeunes par le biais de jeux vidéo. Oumar et ses camarades prévoient également de diversifier leurs activités à l’avenir, pour lutter contre le coût trop élevé d’Internet au Mali. Après avoir réduit la fracture numérique, ils ont décidé de « s’attaquer à la facture numérique » !

Conférence lors du lancement de Youth and ICTs Mali. L'opération 'Internet vacances'.